Michele Aquilla et le design interactif

Les innovations technologiques des dernières années ont bouleversé notre quotidien et se suivent à un rythme tel qu’il devient difficile, voire impossible, de prédire l’impact sur notre vie. La création des nouveaux outils à la disposition des consommateurs doit donc répondre à la fois à des exigences esthétiques et pratiques, en anticipant les changements techniques et les utilisations futures des objets.

Dans le cadre de la ‘Beirut Design Week’, la boutique de mode pour hommes, The Slowear Store a organisé une rencontre sur le sujet “Interaction Design: Connecting The Physical And Digital Worlds” avec Michele Aquilla, professeur et responsable du Master en ‘Interactive Design’ à la Dodus Academy de Milan (Italie).

Le  design interactif est défini par  l’interaction entre les hommes et les objets. Le professeur Aquilla en a donné  quelques exemples, dont le travail de ses étudiants de la Domus Academy  en insistant sur l’importance du prototype. Le concept même du design interactif requiert, en quelque sorte, que la préparation d’un projet se fasse dans le sens pratique et pas seulement en théorie. Dans le cadre de la création d’un objet interactif, les étudiants commencent par de simples recherches, la découverte de leur projet et des conditions qui l’encadrent, ils trouvent ensuite leur idée et dessinent l’objet sur papier, pour ensuite créer un prototype de cet objet interactif.

La présentation de M. Aquilla a ensuite ouvert un débat sur l’utilité du design interactif. Une personne de l’audience a insisté sur le fait que le design interactif est sans doute un moyen de rendre les gens encore plus passifs qu’ils ne le sont déjà. Est-ce éthiquement correct ? Pour Acquitta, les consommateurs, surtout la nouvelle génération, ne sont plus passifs. Pour illustrer cet argument, il a donné l’exemple d’une agence de voyages. Peut-être que l’on ne se déplace plus jusqu’à l’agence pour organiser son voyage, mais il est plus facile de voyager. La  question   du concept de magasin et d’espace commerciaux, a été aussi soulevée. Est-ce qu’on va vers la disparition de ces espaces ? Acquitta n’a pas contredit cette hypothèse et a répondu que nous allons forcément vers un changement dans notre mode de vie. En, et en reprenant l’exemple d’un voyageur il a dit qu’un vrai voyageur, au lieu de voyager “comme tout le monde” va essayer de trouver des endroits plus originaux et y aller. Il a aussi dit que la société a aujourd’hui besoin de divertissement. Par exemple, le design interactif a grandement profité aux musées qui ont failli disparaitre, mais qui aujourd’hui, grâce au design interactif trouvent une nouvelle place et créent un nouvel intérêt.

À la fin de la rencontre, certains ont aussi argumenté que, malgré l’importance des mutations auquel fait face notre monde, il y a une nouvelle mode qui s’installe et qui encourage la société à consommer bio, et à vivre de façon naturelle et simple et c’est sur cette idée que la rencontre s’est terminée.

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